Je suivais le petit garçon depuis quelques minutes lorsqu’enfin le petit s’enfonça dans une ruelle. Je courus après lui et ressortis ensuite, un billet de dix dollars dans les poches. Content, je pris le chemin vers la maison.

     Alors que je pensais, comme toujours, donner l’argent à ma mère pour le souper, je vis dans la vitrine d’un magasin de sport, la plus belle planche à roulettes que je n’avais jamais vue. Je restai devant la vitrine à contempler cette merveille. Je n’avais jamais rien vu d’aussi splendide.

     Si j’avais de l’argent, je me l’achèterais en ce moment même, mais elle coutait trop cher, 80 dollars. Ma mère ne me donnerait jamais autant d’argent. Je la voulais tout de suite. De plus, je suis bien trop impatient pour travailler et me l’acheter ensuite, Finalement, je ne retournai pas à la maison cette nuit-là. Toute la nuit, je me remplissais les poches allant même jusqu’à menacer mes victimes avec mon couteau de poche. Mais la plupart n’avait pas beaucoup d’argent. Ma mère devait se demander où j’étais, mais je m’en fichais pas mal. Je vis enfin quelqu’un qui devait avoir beaucoup d’argent. Il avait un complet et on voyait son portefeuille dans sa poche arrière. Je m‘approchai discrètement et une fois proche, je glissai ma main dans sa poche et la ressorti avec un gros portefeuille en cuir.

    Je ne sais pas s’il le sentit, mais je  m’éclipsai rapidement. Lorsque je me retournai, je ne vis rien. Je me retournai une deuxième fois et là je vis un homme d’affaire en complet, le téléphone à la main, qui me suivait. Je tournai le coin de la rue et partis en courant. Il me suivait toujours. C’est là que j’entendis les sirènes d’une voiture de police. Je n’avais plus aucune chance. En allant vers le poste de police, je vis deux jeunes garçons sur leurs planches à roulettes neuves, rouler à côté de la voiture. Comme j’aurais aimé être avec eux. Je cois qu’en sortant je vais commencer à travailler.

 

Published by Charles-Étienne Leblanc