J’étais choqué, furieux. Je sentais la colère bouillonner en moi. Mes yeux étaient remplis d’eau, je voyais à peine la sonnette de ma maison. Par chance, mon doigt accrocha la sonnette du premier coup. J’eus à peine le temps d’accrocher mon sac-à-dos à la patère qu’Henri, mon papa, remarqua mon grand désarroi qui me brouillait la vue depuis la fin de l’école aujourd’hui. Il s’approcha de moi et me demanda quelle était la raison de ma colère, il s’inquiétait de me voir si chagriné et haineux.

Je lui racontai qu’à l’école mon professeur nous avait fait faire un travail sur la famille et que lorsque le prof. me demanda le nom de ma mère, aucun nom me vint à l’esprit, même pire, je ne savais pas ce qu’était une mère. Surprise, le professeur m’expliqua qu’une mère c’est la personne qui prend soin de toi. Elle en rajouta et me demanda le nom de mon père. Mon père comprit aussitôt pourquoi je pleurais autant, je n’avais pas de mère! Personne pour prendre soin de moi. Il me rassura en me disant qu’il m’aimait comme une mère et c’était pour cela qu’il restait à la maison. Je montai aussitôt me coucher car il était tard et j’étais fatigué de toutes ces émotions énormes pour mon petit cœur de six ans. Je trouvais rapidement le sommeil.

Le lendemain matin, j’étais reposé et mon cou souffrait de mon sommeil trop profond. Papa Henri me sourit comme le ferait une mère à son fils unique, Claude me servit du bacon. Soudain mes lèvres remuèrent seules et la question ultime sortit : lequel de vous deux est mon vrai père? Papa Paul et papa Henri ne dirent rien.

 

 

Published by Samuel Bérubé