Cela faisait environ un mois que je lui parlais. Je lui parlais matin et soir à Bruno. Il m'avait ajouté sur « msn » en prétendant qu'il était un ami d'enfance de Sandra, ma cousine. Je m'attachais peu à peu à lui. II était vraiment gentil.

    Une journée, on clavarda plus de six heures ensemble. (Étant donné le fait que je n'avais ni frère ni soeur et que mes parents n'étaient pas des fervents de technologie, l'ordinateur n'était q'à moi). Cette même journée, il me demanda si on pouvait se rencontrer. Sincèrement, je n'y avais pas vraiment songé.

    J'aimais bien le fait d'être camouflée derrière la façade de mon « Mac ». Cela me permettait de me laisser aller sans aucune gêne et sans jamais me sentir jugée. Aussi, j'avais une certaine crainte à rencontrer ce garçon. C'était bien vrai que je lui avais parlé pendant un mois, mais ce jour-là, tout me sauta aux yeux. Bruno était encore un inconnu pour moi. Malgré les quelques photos qu'il m'avait envoyées de lui, un doute planait toujours en moi, un doute sur sa vraie identité. Il y avait tellement d'histoires que l'on pouvait entendre aux nouvelles ou même lire sur Internet. J'ignorais quoi penser. Peut-être que je me faisais trop d'idées. Après tout, il serait temps que je perde cette gêne. Peut-être finirons nous par sortir ensemble. Ainsi mes amies cesseraient de se moquer de moi. De plus, si elles apprenaient que je m'étais défilée comme ça après une telle invitation, elles rireraient encore plus de moi.

    Après une longue période de questionnement, je me suis finalement mise à me préparer. J'allais aller à ce rendez-vous.

    Je pris l'autobus et me rendis au parc Longchamps où l'on devait se rencontrer. Mon coeur battait à tout rompre. Je n'avais jamais été aussi inquiète et nerveuse de toute ma vie. Là-bas, je ne vis personne. Et puis, après quelques minutes à chercher de part et d'autre, je vis une silhouette assise sur l'un des bancs. Tranquillement, j'allai en sa direction, À peine à un mètre de l'individu, je me rendis compte que c'était une femme. J'allai un banc plus loin, m'assis et attendis Bruno.